« Ces gardes viennent avec une fonction. Personne n'a le droit d'en faire une milice », expliquait, ce dimanche matin, le ministre congolais de la Communication.
Selon Lambert Mendé, le colonel Abbas Kayonga refusait d'assurer la remise et la reprise avec son successeur, c'est-à-dire de rendre son logement de fonction et de laisser ses gardes du corps rejoindre leur caserne. L'ex-patron de l'anti-fraude a été limogé jeudi, accusé de fautes lourdes par le nouveau gouverneur de la province.
Cette version a été démentie par Abbas Kayonga, ce dimanche matin également. Pour lui, sa mise à pied serait liée à deux saisies récentes qu'il aurait opérées au Sud-Kivu, l'une de bières frauduleuses et l'autre de tourmaline, des pierres semi-précieuses. Un trafic qui, selon ses proches, profiterait au nouveau gouverneur et à son entourage.
« C'est faux. C'est Abbas Kayonga, le grand fraudeur qui a toujours servi les intérêts du Rwanda et de l'ancien gouverneur Marcellin Chissambo », explique un partisan du nouveau chef de l'exécutif provincial, Claude Nyamugabo.
Abbas Kayonga, officier munyamulenge, ex-ministre des mines du RCD - la rébellion soutenue, à l'époque, au Rwanda - est une figure bien connue et controversée à Bukavu. Ce dimanche matin, il disait à RFI « craindre pour sa vie et celle de ses hommes », d'où son appel à une intervention de la Monusco et son refus d'obtempérer.
Près de sa résidence, une église fréquentée par sa communauté a été pillée, ce dimanche matin, par des jeunes en colère. Plusieurs organisations de la société civile ont appelé la population à éviter de tomber dans piège ethnique.