D’après nos informations, un Irakien qui avait obtenu le statut officiel de réfugié en France été incarcéré pour avoir supposément joué un rôle clef dans l’organigramme de Daech dans son pays natal. Bourreau présumé, il est également poursuivi pour "crimes contre l’Humanité". Une première pour les services anti-terroristes français. L’Etat vient de lui retirer son statut de réfugié.
C’était depuis de longs mois l’une des craintes des services de renseignement français : des terroristes infiltrés dans les rangs des réfugiés venus d’Irak et de Syrie ces dernières années. Une crainte qui n’était pas infondée à en voir le profil d’Ahmed H. Cet Irakien âgé de 33 ans a été interpellé le 6 mars dernier à l’aube à son domicile de Lisieux dans le Calvados par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).
Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir été dans son pays un cadre local de Daesh, mais aussi d’avoir joué un rôle important dans l’un des pires massacres perpétrés par l’organisation terroriste : la tuerie de la base militaire "Speicher" à Tikrit en juin 2014. 1700 jeunes recrues de l’armée irakienne avaient été exécutées.
Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir été dans son pays un cadre local de Daesh, mais aussi d’avoir joué un rôle important dans l’un des pires massacres perpétrés par l’organisation terroriste : la tuerie de la base militaire "Speicher" à Tikrit en juin 2014. 1700 jeunes recrues de l’armée irakienne avaient été exécutées.
"Assassinats", "crimes de guerre"
Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire à son encontre en septembre dernier. Une notice rouge Interpol - faisant office de mandat d’arrêt international - avait été émise en février 2018. Après 48 heures de garde-à-vue, Ahmed H. a été mis en examen et incarcéré, comme le réclamait le ministère public. Quatre juges d’instruction parisiens sont depuis chargés de l’affaire. Des juges à la fois de la section anti-terroriste et – c’est une première - du pôle des crimes contre l’Humanité .De nombreux chefs d’accusation ont été retenus contre le suspect : "assassinats en relation avec une entreprise criminelle", "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste (AMT) criminelle", "crimes de guerre par atteinte à la vie", "crimes de guerre par traitement inhumain ou dégradant", "crimes de guerre par usage de méthodes ou de moyens de combat prohibés" , et enfin "participation à un groupe en vue de commettre des crimes de guerre".